Étude : l'aménagement du territoire pour préserver la qualité de l'eau souterraine | Réseau de l'Université du Québec

Étude : l'aménagement du territoire pour préserver la qualité de l'eau souterraine

Image de l'article

Benoit Plante, président du jury, Vincent Cloutier, directeur de recherche, Nathalie Rey, doctorante, Éric Rosa, cordirecteur de recherche

2020-01-16

Étude : l'aménagement du territoire pour préserver la qualité de l'eau souterraine

L'aménagement du territoire peut jouer un rôle important afin de préserver la qualité de l'eau souterraine des aquifères granulaires à nappe libre, qui sont une source majeure d'eau potable en région. C'est ce qu'a confirmé la doctorante en sciences de l'environnement, Nathalie Rey, lors de la soutenance de sa thèse qui avait lieu le 17 décembre au campus de Rouyn-Noranda de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).

En effet, située au cœur du Bouclier canadien, l'Abitibi-Témiscamingue possède des systèmes d'écoulement associés à des aquifères granulaires et à du roc fracturé. Ces systèmes sont marqués par la présence de la ceinture argileuse Barlow-Ojibway qui dicte les conditions d'écoulement des aquifères à nappe libre et vers les aquifères en condition de nappe captive.

Alors que les nappes libres représentent les premières nappes rencontrées dans un sous-sol perméable, les nappes captives, pour leur part, se trouvent plus en profondeur sous l'argile. Grâce à différentes analyses, Mme Rey a entre autres observé une augmentation des concentrations des éléments majeurs et mineurs (manganèse, fer) et une diminution de l'activité des électrons (Eh) le long de l'écoulement. Cette dernière a ainsi pu démontrer que les eaux évoluent des aquifères granulaires à nappe libre aux aquifères rocheux à nappe captive.

La doctorante a également démontré que la géochimie des eaux souterraines est dictée par les sources géogéniques ponctuelles, le confinement, la dissolution des carbonates et silicates, l'oxydation des sulfures et la réduction des sulfates.  Ses travaux ont également démontré que même si plus de 85 % des puits échantillonnés contiennent une eau de qualité de bonne à excellente, des dépassements des recommandations sont observés pour certains métaux (Fe, Mn, As et U). La doctorante a insisté sur le fait qu'il est important de sensibiliser la population régionale concernant la qualité de l'eau qu'elle consomme puisque 73 % de la population de l'Abitibi-Témiscamingue s'approvisionne en eau souterraine pour ses besoins en eau potable.

Pour réaliser ce projet de recherche, dont l'objectif est d'améliorer la compréhension des systèmes aquifères-aquitards par la réalisation d'une étude hydrogéochimique intégrée, Mme Rey a analysé 858 échantillons, incluant les précipitations (neige et pluie), les eaux de surface, les eaux souterraines et les sources qui constituent toutes les composantes du cycle hydrologique.

Ce projet de recherche doctorale, intitulé  « Traçage hydrogéochimique des systèmes aquifères-aquitards de la ceinture argileuse Barlow-Ojibway », fut réalisé sous la direction du directeur de l'Institut de recherche en mines et en environnement (IRME) et directeur scientifique du Groupe de recherche sur l'eau souterraine (GRES), le professeur Vincent Cloutier, Ph. D., ainsi que sous la codirection de René Lefebvre, Ph. D., de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) et du professeur à l'IRME, Éric Rosa, Ph. D.

Source :
Service des communications
UQAT, 19 décembre 2019

Toutes les actualités de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue >>>